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24.05.2007

Les cocottes au marché

Le lendemain, rebelote, en route vers le marché local......à touristes. Car de fruits, légumes et autres ingrédients caractéristiques d'un marché normal, pas de trace !!!!
Que du spécial attrape-toutou: t-shirts à la gloire du Che,colifichets, babioles en tous genres, boléros en crochets bien espacés, boléros qui auraient vite fait passer la femme la plus estimable pour une véritable cocotte !!!
A propos de cocotte, justement, il y en avaient, gambadant au milieu des étals suivies de leurs poussins et chapeautées par l'inévitable coq du marché ( un vrai, avec des plumes, pas l'autre, non mais !).
Comme fond sonore, des musiques dites locales, bref spéciales touristes au portefeuille trop lourd. Inutile de préciser que les disques en vente avaient un petit je ne sais quoi de copies frauduleuses....(avec l'habitude on devient vite méfiant dans cette région).
Pour résumer, le grand jeu est de séparer le bon grain de l'ivraie ( des profondeurs et de l'arnaque à tout crin).
Ce marché se tient autour d'une place où trônent quelques figures allégoriques caractéristiques de l'art révolutionnaire et aussi un buste de l'inévitable José Marti, buste que l'on croirait d'ailleurs tout droit sorti d'un séjour chez les réducteurs de têtes. Peut-être étaient-ce les ancêtres arborigènes locaux ????
Pour couronner le tout, derrière se dressaient des HLM peints en rose bobon et bleu clair, couleurs qui semblent être très prisées des architectes du coin !!!!
La couleur sert aussi à masquer au yeux des touristes la crasse et la pauvreté environnantes; seul point qui suscita notre intérêt, les magnifiques américaines ( les voitures) datant de la période Battista, pré-révolutionnaire. C'est dire l'âge vénérable de ces voitures !!!!!
Petit détail piquant, comme je demandais du feu en espagnol à un monsieur très couleur locale avec sa chemise , celui-ci me répondit dans un français parfait et pour cause !!!!!!
Et nanties de nos emplettes, nous rentrons à l'hôtel en ayant pris un taxi qui se proposa à peine étions nous apparues sur la rue...et à un prix raisonnable, il nous amena à l'hôtel. Lui aussi travaillait pour sa poche en plus de celle de son patron !!!!!
Conclusion:les autochtones travaillent moitié pour leur patron, moitié pour leur poche personnelle, sans compter la part inévitable qui va dans les poches de l'état.C'est vraiment le pays de la magouille à tous les niveaux, du système D qui en est devenu un art.

17.05.2007

Plaza America

A l'hôtel, comme de bien entendu, les prix des souvenirs et autres babioles étaient prohibitifs. Nous décidâmes donc d'aller au marché de Varadero pour trouver nos babioles.
A la plaza America ( le nom ne s'invente pas), sorte de grande galerie marchande, puis au marché local.
Comme vous avez pu le constater au chapitre précédent, vous êtes à peine arrivé à la station de bus qu'un bus ( qui n'est pas du tout celui que vous désirez) s'arrête et vous propose de vous embarquer moyennant un prix compétitif qui rentre visiblement directement dans les poches du chauffeur !!!!
A ce rythme là, on arrive évidemment à 9h plaza America, les magasins n'ouvrant qu'à 9h30 !!!
On s'installe dans le patio central et on attend... et on assiste à une scène édifiante.
Tous les employés des boutiques s'y trouvent réunis et écoutent religieusement un orateur, je suppose un propagandiste local ou le chef du rendement ( je vous laisse la libre interprétation de la chose).
Passe encore pour cet intermède proprement stalinien ( je ne sais pas qui avait le rôle du stakhanoviste de service).
Nous avons cru halluciner quand le même personnage entreprit de dresser le tableau d'honneur des meilleurs vendeurs ( et celui de déshonneur des moins bons), sous les applaudissements de l'auditoire quasiment au garde à vous....je n'aurai été qu'à moitié étonnée d'assister aussi à une séance d'auto-flagellation ou d'auto-critique, réservée au employés les moins compétitifs !!!!
On fait ça en France je ne vous raconte pas le scandale !!!
On fait nos emplettes, tout en constatant qu'au niveau des chaussures de tennis d'une marque spécialisée, ils ne disposaient que du modèle de 2003 !!!! (je le sais je suis en contrat avec cette marque et je connais donc leur catalogue).
Au moment de rentrer à l'hôtel, plus de bus !!!!
Fort heureusement, passe en taxi en maraude qui, sentant la bonne affaire s'empresse de nous proposer ses services, eux aussi en dehors de ses activités , vu le marchandage auquel nous avons eu droit !!! Bref, c'est pour un prix tout aussi compétititif que nous sommes rentrées à notre hôtel ....
Tout se négocie, finalement...sauf l'immigration à l'entrée......

02.05.2007

La langouste de Cuba

Le sport cubain est de proposer des langoustes que les touristes dégustent chez l'habitant, alors que c'est rigoureusement interdit par les autorités, sauf , je suppose, si on est un membre actif du parti...et le sport des touristes est de dénicher la bonne table....
Dans l'hôtel et surtout le restaurant, entre les serveurs qui, entre deux dessertes de plats proposaient leurs langoustes et ceux qui voulaient caser leurs cigares, le rabattage du bienheureux touriste battait son plein, au point que ça en devenait légèrement agaçant...
Evidemment nous nous organisons une petite dégustation. Neuf personnes, venant du Nord, du Languedoc, bref, des joyeux drilles dont deux parlaient espagnol ( ça peut toujours servir !!! )
Nous avons donc rendez-vous en catimini à l'arrêt de bus situé hors de l'hôtel, à 21 heures, donc en pleine nuit, pour retrouver un véhicule qui doit nous emmener chez un des employés de l'hôtel.
Nous voilà donc tous les neuf, devisant gaiement au début, puis le temps passant avec une certaine inquiétude car des touristes en pleine nuit sur une route fréquentée, c'est assez mal vu par la police locale, surtout quand les dits touristes s'aperçoivent qu'ils n'ont pas de papiers sur eux !!!!!
On attend tranquillement, quand arrive un bus. L'une des femmes se relève les cheveux à ce moment et quelle n'est pas notre stupeur de voir le bus freiner des quatre fers et s'arrêter devant nous !!!! (Il faut préciser qu'un autre sport local pour les chauffeurs est d'embarquer des touristes au noir...).
Notre solidarité ne fit qu'un tour et nous voilà plongeant sur les bancs, dans les fourrés, abandonnant la malheureuse aux invectives du chauffeur !!!!
La leçon bien apprise, nous plongions dans les fossés dès qu'un bus apparaissait à l'horizon. Cette petite gymnastique nous occupa suffisamment pour ne pas voir le temps passer.
Un fourgon arrive de l'autre côté de la voie, ralentit et en sort le conducteur qui va satisfaire à un besoin naturel. A peine remonté dans son véhicule, et laors que nous commencions doucement à rigoler des problèmes de prostate, le voilà qui fait demi-tour et s'arrête devant nous.
Il descend, et entreprend de serrer la main de tout le monde !!!! Au secours l'hygiène !!!!
Tout le monde embarque et nous voilà partis....de plus en plus inquiets car nous franchissons les barrages de la presqu'île et nous frémissons d'avance en cas de contrôle des papiers...que nous n'avons pas, assurés de rester dans l'enceinte de Varadero.
On s'engage ensuite dans un chemin de terre, au milieu d'un lotissement de bicoques populaires et nous avons à peine le temps de nous dire que ça sentait le coupe-gorge à plein nez que la voiture s'arrête et qu'il faut descendre !!!!!
Nous sommes accueillis par notre hôte qui nous donne du "Mes chers amis" en veus-tu en voilà et c'est parti pour le repas.
Plus expéditif tu meurs !!!!!
Nous enchaînons apéritif, entrée, langouste ( gigantesque et délicieuse) et dessert en moins d'une heure !!!! Le tout pour la modique somme de 20 pesos par personne ....
Et j'y inclus l'inévitable dégustation de rhum en digestif, la toute aussi inévitable proposition de cigares et de cd piratés !!!
Quand nous nous enquerrons auprès de notre hôte du délai de départ celui-ci nous répond " dans cinq minutes" ....30 secondes plus tard notre taxi est là et on nous embarque vite fait bien fait sur le chemin du retour !!!!!
Nous re-balisons au passage des barrières mais non, pas de contrôle, alors qu'on voit des véhicules contrôlés partout !!!!! Et notre chauffeur nous dépose en toute discrétion devant notre arrêt de bus !!!
Inutile de préciser que ces manoeuvres ne doivent tromper personne à la réception de l'hôtel mais tout le monde fait comme s'il ne se passait rien, et cest tous les soirs la même envolée mystérieuse de touristes vers une destination tout aussi mystérieuse.
Quand on connait la vigilance et la méfiance naturelle de la police vis à vis des escapades touristiques, on reste coi !!!!!!

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